Chers lecteurs,
Si je suis partie seule au bout du monde, ces derniers temps j’ai eu besoin de partir explorer mon monde intérieur. Une retraite est par définition le fait de s’écarter. S’écarter de quoi? Ici, en occurrence je fais référence à ma vie mondaine, des proches, le travail ou encore des commerces. Dans l’évolution d’un être humain, il me semble nécessaire de se retrouver dans du silence et de la solitude afin de mieux se connaître. C’est ainsi plus facile de quitter sa maison, et trouver refuge ailleurs pour un temps. Si je m’éloignais de mon environnement habituel, je me rapprochais de moi-même.
Je parle ici d’une retraite personnelle, distincte des stages ou des retraites de yoga en groupe, organisées avec un programme du matin au soir. J’organiserai sûrement des retraites avec davantage de silence dans le futur ! Cela est un autre sujet.
Un lieu ressourçant
Les Pyrénées-Atlantiques m’ont appelée. En conduisant moins de 2h en voiture, j’arrivais à un lieu où me ressourcer. Quelle chance de changer d’air si aisément ! C’est la deuxième fois que je suis allée dans ce sanctuaire. Il s’agit d’un monastère en face du gave de Pau, une rivière d’un joli vert qui traverse le sud-ouest.Ce monastère se situe sur une voie d’un chemin de Saint-Jacques de Compostelle, ce chemin énergétique riche d’histoire. De là, les montagnes des Pyrénées sont visibles. Les courbes des montagnes me plaisent. J’aime changer de relief. Même au pied des montagnes, l’air est différent.

Loin de la technologie
Il était important de m’éloigner du téléphone et de l’ordinateur. Quand je sortais, je laissais souvent mon portable dans ma chambre. Je le laissais allumé juste en cas d’urgence, et le consultais seulement le soir. Je n’envoyais rien, et ne répondais pas forcément si on m’écrivait. L’ordinateur éteint, je n’ai pas vérifié mes e-mails. Une autre règle d’or dans cette digital detox était donc: pas d’utilisation de réseaux ! Quel bien cela m’a fait! Cela m’a libéré l’esprit pour me tourner vers moi-même et le flux de la Vie. Ainsi, je ne me préoccupais plus des tumultes extérieurs. Tout cela, je sais que je peux le faire chez moi, et changer mes habitudes. Je ne peux que vous recommander de vous accorder des espaces pour vous-même en laissant le téléphone dans un coin !
Méditer
En n’étant plus dans la course des choses à faire, j’avais plus de temps et l’esprit tranquille pour méditer. Matin et soir. Commencer et finir ma journée m’amenait de l’harmonie. Je me régénérais dans ces moments “sattviques” selon les termes du yoga. Sattva est la qualité de paix, de pureté et de sagesse que nous cultivons tout au long de la Vie. En me permettant d’être immobile et contempler mon esprit, je me permettais d’être. Par curiosité et envie de me recueillir, j’ai rejoint plusieurs fois les prêtres catholiques pendant leur prières, ils lisaient des extraits d’épitre et chantaient des cantiques pendant 15 min le matin, et 15 min le soir. Différent d’un travail intérieur de méditation formelle, il s’en dégageait néanmoins une atmosphère solennelle.

Marcher dans la Nature
De l’hébergement, j’avais la chance d’avoir une portion du chemin de Compostelle accessible à pied, ainsi que d’autres balades sauvages le long de la rivière. En marchant, J’ai eu une drôle de pensée “être seule pour moins me sentir seule”. Si j’avais peu de compagnie humaine en dehors de moi-même, je me connectais mieux aux éléments de la nature avec mes cinq sens. Aussi, j’étais à l’écoute de moi-même, “ toi, Xiao , qu’est-ce que tu veux faire là, maintenant?”. Lire, flâner, manger, une balade ou faire la sieste?Au mois de Novembre, j’ai passé encore plus de temps en forêt, c’est avec joie que j’ai fait mes premières cueillettes de figues et de châtaignes. Cela m’a pris des heures ! J’avais l’impression de jouer à la chasse aux oeufs, version nature. Ramasser les fruits de la Terre m’a amusé. Je me suis senti reliée à la Nature abondante et généreuse, et probablement aussi reliée aux femmes qui avaient pour rôle de cueillir dans les temps anciens.
J’ai apprécié sentir et voir d’autres essences d’arbres, tandis que le pouvoir de l’eau me rechargeait. Le courant de la rivière émettait un son, comme un bruit blanc qui me calmait : “chhhhh, chhhhh”. Un glissement infini qui happe le mental et tait mes pensées. Admirer cette eau claire qui s’étend à perte de vue, cette eau infinie qui englobe la planète me ressourçait.

Des rencontres
Même si en journée, j’étais en quête de solitude, voyager seule, ne veut pas dire solitaire. J’ai pris plaisir à partager des repas avec les prêtres et quelques pèlerins de passage. Nous découvrions les univers des uns et des autres, et les conversations étaient en général autour de choses simples. De petits bonheurs immédiats et à portée de main. J’ai eu des belles conversations, sur le sens de la vie, l’Amour, la vie et la mort, l’éducation. J’ai rencontré un couple de brésiliens qui travaillent dans des agences de protection des forêts, je fus touchée quand ils ont déclaré que la consommation de café et de viande sont les causes majeures de destruction de leurs forêts. Certains sujets étaient donc plus sombres, comme par exemple les jeux de pouvoirs du Vatican, “celui-là a été sanctifié car il a de la famille au Vatican” ou la pédophilie dans les congrégations. Je fus choquée d’entendre une paroissienne dire qu’elle ne connaissait pas une congrégation sans ce problème. Cette déviance paraissait normale et hélas, bien commune.
La durée
Si vous vous demandez combien de temps partir en retraite personnelle, je peux juste vous dire de faire ce que vous pouvez ! C’est bien cela un adage du Yoga, de faire au mieux, ou plutôt d’être au mieux.
En 1 semaine, j’ai eu le temps d’explorer divers chemins et, méditer davantage. En 1 jour, je me suis offert une recharge courte et facile à glisser dans l’emploi du temps. La deuxième fois, je n’étais pas sûre de rester la deuxième nuit. Je me suis sentie libre et flexible de partir quand je voulais. En fait, nous sommes plus libres que nous pouvons le croire.

Le retour – Take-home new habits
Le son de la rivière me manquait, alors j’ai décidé d’écouter cette musique en ligne tout en buvant un thé ou en lisant un livre. Quant à l’usage du téléphone, je suis revenue avec plus de distance afin d’éviter de vérifier frénétiquement le téléphone. Avant de le prendre en mains, je tente de garder à l’esprit pourquoi je l’utilise. N’étant plus salariée, il me revient la responsabilité de m’octroyer des pauses et du repos. Je me suis rendue compte qu’il fallait que je me cadre et sois plus douce envers moi pour me reposer sans culpabiliser, car j’en avais besoin.
Ce qui m’a amené la première fois?
Un ensemble de circonstances. L’envie de m’aérer l’esprit. Suite à un voyage chamanique au tambour, j’ai perçu l’énergie de Marie. Quelle surprise quand j’ai découvert les suivants ce monastère de Bétharram qui a été construit en son honneur. En souvenir, voici une photo de l’oeuvre de Renoir.
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De tout coeur,
Xiao